WildBlog

jeudi 10 janvier 2008

VOTEZ " A "

Bonjour à tous,

Le magazine "Carnets d'aventures" publie son prochain numéro en MARS 2008. Sur leur site "www.expemag.com" nous pouvons voter pour la couverture du magazine. Cinq choix nous sont proposés, l' un d'entre eux est signé WildTrekker : le choix "A". Nous pouvons voter une fois par jour/tous les jours sur le lien ci-dessous :

http://www.expemag.com/accueil/

N'hésitez pas à nous soutenir.... Merci et une BONNE ANNEE 2008 à tous !!!!!

vendredi 30 novembre 2007

DIAPORAMA PHOTOS

Cliquer sur le lien ci-après :

http://wildtrekker.blogs.myfreesport.fr/album/wildtrekker/page1/

vendredi 23 novembre 2007

PREMIERE CONFERENCE ...

Bonjour à tous !

Désolé pour ce long Stand By. Nous sommes un peu dépassés par les évènements ; de bons évènements !

Voici un aperçu de la première conférence, donnée par Christophe Castillon concernant son périple Scandinave. En effet, il a entamé sa tournée le 5 septembre 2007, durant les internationaux de Tennis de Bagnères de Bigorre.

Quelques Détails sur cette présentation :

Animation :

- Rencontre avec l’écrivain voyageur : Christophe Castillon.

- Reconstitution du camp polaire.

Méthode et Outils d’animation :

- Diaporama photos sur fond sonore par vidéo projection, ( périple du Grand Nord ) ; durée : 35min

- Débat ; durée variable.

Thèmes :

- Partager et Revivre l’aventure de Christophe Castillon

- Encourager le sport comme moteur de bien-être

- Sensibiliser le public aux problèmes d’environnement

- Proposer un savoir logistique et technique sur les méthodes de base de survie en expédition au « long cours ».

Arrivée à 9h00 le matin du 5 septembre, pour une représentation à 20h30. Les préparatifs sont assez longs puisqu’il faut reconstituer le camp polaire, habiller le mannequin, régler le matériel de projection, le son et moult autre détail.

Installation pour projection:

Reconstitution du camp :

Equiper le mannequin :

Régler les derniers détails du diaporama :

Décorer la salle de projection :

Ca y est le plus gros est fait, voici la salle où est projeté le diaporama du " DRAGON DU NORD " :

Tout est prêt pour recevoir le public :

C'est l'excellent comédien-imitateur " Patrick Adler " qui brisera la glace et introduira notre représentation :

www.patrick-adler.com

Nos amis sont présents :

Ci dessous Christophe en pleine répétition :

Début de la Projection très attendue :

Ces instants resteront mémorables pour l’équipe WT.

Chaque année, les internationaux de Tennis élisent un « maire » pour l’occasion. Cette année nous avons eu la chance de découvrir Jean Marc Gracianet , un homme formidable retraité du Pic du Midi.

Jean-Marc (sur la photo à gauche) nous conviait le lendemain pour visiter ce fameux Pic.

Par chance le temps est dégagé et nous apercevons du haut de ces 2877 m le rose de la ville de Toulouse.

Christophe est un descendant d'un célèbre porteur du Pic : JOSEPH DESPIAU. C'est fin août 2007 que décède José Carmouze, le dernier porteur du Pic. Avec lui, une page du Pic se tourne.

Enfin toute l'équipe WT tient à remercier Jean Jacques Sabatier (en photo ci dessous avec sa femme), organisateur du tournoi de tennis et de ces animations.

Un grand bravo à notre ami Xavier Audouy finaliste du tournoi.

THE END !

dimanche 1 juillet 2007

EXTRAIT CARNET DE ROUTE

EXTRAIT CARNET DE ROUTE EXPEDITION WILDTREKKER SCANDINAVIE HIVER 2007

"27 Janvier 2007 .Svattejakke. Hutte.

La tempête ne faiblit pas, elle c’est transformé en Dragon qui monte la garde devant ma geôle. Prisonnier, recroquevillé dans ce minuscule refuge, j'observe le temps s'allonger, jusqu'à se solidifier comme la glace qui m'entoure. Les heures inventent des prismes étranges où le reflet de mes pensées frigorifiées se déforment. Les notions rationnelles de mon esprit se perdent en glissades incontrôlables. Par le minuscule hublot, presque entièrement recouvert de givre, je ne distingue plus que la clarté blanche et irréelle du blizzard. Son souffle décape avec rage ce qui reste du décors. Le hurlement du vent est assourdissant, il me plonge dans une sorte de folie hypnotique. Heureusement, ma Hutte résiste vaillamment aux assauts perpétuels de cette nature dévastatrice. Il n'y à rien autours de moi, je suis comme un naufragé de l'espace, au milieu du vide interstellaire. Coincé dans ma capsule, je dérive et dérive encore... A l'intérieur, je lutte pour conserver un semblant de lucidité. m'occupant à manger, afin de propulser un maximum de calories à mon corps. Avaler, me bourrer d'aliments hautement caloriques me permet de rester présent et réveille mon cerveaux ankylosé. Je pense à Johanne, à nos petits moments de vie douillets. Je revois tout les gens que j'aime. Soudain, je me souviens que Benoît et Johanne s'entraînent pour me rejoindre sur « le long chemin ». Mon dieu! Je dois impérativement trouver un parcours moins inhospitalier pour les recevoir... Ici, ils ne survivraient pas, ils ne sont pas prêt à un tel combat. Pour résister comme je le fais maintenant, il faut avoir souhaité consciemment de se retrouver dans ces conditions . Comment expliquer à quelqu'un, qu'ouvrir une simple porte relève presque de l'exploit sportif? Comment expliquer qu'en moins de 20 secondes, les doigts ou tout autre morceau de peau hors protection est irrémédiablement condamné? Une blessure causée par le froid est identique à celle d' une brûlure et L'Arctique est un volcan en irruption constante! Un vrai Dragon ne crache t'il pas toujours du feu? Je dois absolument alerter mes amis! Je veux qu'ils sachent vraiment ce qu'ils encourent, même si nous en avons déjà parlé et reparlé maintes fois. La réalité de l'expérience, est toujours plus efficace que les mots.

Le feu du poêle est comme un gamin turbulent qu'il faut sans cesse surveiller. Il est happé dans son propre conduit d'évacuation par la violente dépression créée par le vent à l'extérieur. Mes forces diminuent, je suis en léthargie, proche d'un état de choc, ce qui n'est pas bon signe... Cela fait longtemps maintenant que je ne me suis plus trouvé en situation d'urgence, le constat est sans équivoques; je me suis « ramollit », mais reste néanmoins encore lucide pour m'en rendre compte. Il me faut absolument reprendre le contrôle de mes pensées. Je n'ai pas oublié ce que la proximité du danger a de dévastateur pour le raisonnement, je n'y suis plus habitué c'est tout. La peur est un ennemi farouche et vicieux qui m'a prit par surprise, mais pas encore vaincu. Mon principe premier est simple, réorganiser les priorités! Pour commencer, c'est le cerveaux qui contrôle les pensées et non pas l'inverse! Puis, dans le cas où la tempête décide de camper elle aussi sur le secteur quelques temps, le bois doit être économisé. JE DECIDE donc, (terme utilisé dans le cahier de bord de chaque capitaine de bateau) de ne plus chauffer durant la nuit. JE DECIDE ensuite, d'organiser un emplois du temps pour chaque choses. Je sorts mes cartes topographiques et construis, tout en les mémorisants, de nouvelles routes prêtes à être empruntées à la moindre occasion, selon la nécessité. Une autre leçon est bien reçue; lorsque la météo annonce du mauvais temps, je resterai patiemment à ma place, surtout lorsque celle-ci est confortable et sûre. L'Impatience est le défaut à corriger d'urgence! En conclusion, je reprends le contrôle de la situation, tout en réalisant objectivement que la Scandinavie est une princesse glaciale qui ne se laisse pas apprivoiser par le premier venu. Elle vient de me faire comprendre qui commande sur son domaine. L'impétueux que je suis courbe respectueusement l'échine. Je reste néanmoins déterminé à réussir ma traversée. Aucun Dragon ne me fera reculer.

Je branche machinalement mon téléphone portable, qui si loin de la vie moderne ne fonctionne pas. D'ici, ce petit appareil ressemble à un ancien vestige, issu d'une curieuse civilisation. Je constate avec la joie d'un gosse qui déballe ses cadeaux de Noël, que je n'ai pas lu un message en provenance de Philippe Sauve, un ami écrivain voyageur. Philippe me souhaite tout simplement bonne chance et m'encourage gentiment. Il m'est difficile de décrire combien ce texto à de l'importance à cet instant, mais il arrive à ce que l'on appelle un moment très précis dans cette aventure. J'ai foi en ce que nous faisons en tant qu' Ecrivains-Voyageurs. Nous offrons, tels des troubadours perdus dans le temps, des escales imaginaires à tous ceux et celles qui ouvrent des livres sur le monde et son aventure. Ce sont les pages du temps que l'on tourne dans ces récits de vies. Nous sommes des passeurs de rêves, des explorateurs d'émotions avec un regard d'enfant.

28 Janvier 2007 Faltjagastugan Hutte dans le 62° 49 05 12° 26 46 1057m

La lune m'éclaire ce matin au départ, elle illumine ma piste toute fraîche, créant une atmosphère surréaliste. La neige tombe drue, la visibilité est moyenne, j'évolue dans la phosphorescence claire de ce que l'on nomme un « jour blanc ». Un étrange phénomène, lié au mélange de la lumière se propageant dans un brouillard trop dense pour être traversé entièrement. L' incidence dû à ce type de climat est de supprimer absolument tous reliefs. La prudence est de mise encore une fois, car je ne vois rien sous mes skis. J'avance lentement, à l’aveuglette, mes pieds me font souffrir, mais fort heureusement, pas de froid. J'ai de terribles ampoules de sang accrochées sur les talons, de la taille de pièces de 1 euro. La douleur est supportable, je l'oublie déjà en me concentrant sur la route. Le « clapotis » formé par le vent sur la surface neigeuse, forme des aspérités qui prennent l'avant et l'arrière de mes skis, laissant le centre dans le vide. Sous le poids de mon corps et du chargement, je m'inquiète continuellement que mes planches ne se brisent dans ces flexions contre nature. Je bute parfois brutalement dans des murs de neige de plus d'un mètre de hauteur qu’ il me faut soit contourner lorsque cela est possible, ou bien escalader. Dans le deuxième cas, je fixe alors une corde de rappel sur la pulka. Après avoir passé l'obstacle, me cale les pieds et les jambes dans des marches creusées dans la neige, puis tire comme une bête sur la corde, afin de hisser mon traîneau jusqu'à moi. Passer ces véritables barrages invisibles demande un effort terrible. C'est également une perte de temps considérable, sachant que la luminosité à cette époque de l'année n'est que de 4 à 5 heures.

J'ai vraiment la sensation de naviguer, autours de moi il m'arrive de distinguer les crêtes arrondies de vagues étranges. Les vents terribles ayant chassés la neige sur certaines zones, des couleurs changeantes forment une houle blafarde, zébrée de fissures noires. Un véritable mal de mer s'empare de moi à force de ne rien discerner correctement. Dans cet horizon qui n’existe pas, j’enchaîne des montées interminables, arrive sur des sommets et me laisse glisser prudemment dans les descentes. La pulka qui pèse 70 Kg, veut aller plus vite que moi, je l’a sent me pousser dans les reins. Je chute lourdement ! rien de cassé,ni moi, ni le matériel. Je n’arrive pas encore à éprouver tant de plaisir que cela dans cette aventure. Trop inquiet, pas assez confiance en moi ! Je grimpe encore sur ces vagues solides, le soleil aussi monte le long de sa courbe, je l’aperçois au travers du voile nuageux et gris. Un faible halot, qui ne percera pas le ciel aujourd’hui. A 10 h, il m’est impossible d’évaluer précisément la distance que je viens de parcourir. Je tire mon traîneau comme un forcené en peine, je veux avancer, établir un rythme de déplacement acceptable. Par endroit, le silence est si immense qu’il pénètre jusque dans l’âme et fait frissonner. Rien ne piaille, ne ronronne, ne klaxonne dans cette neige bleue. Puis soudain, le vent siffle une symphonie magistrale au détours d’une crête. Je suis l’invité surprise de cet opéra à la beauté inégalable, aux décors gigantesques et totalement fantasques. La nature est ce qui existe de plus démesuré, partir sur ses terrains inaccessibles, offre le souvenir de ce qui se révèle rare et souvent inexplicable. C’est en partie la raison de mon voyage.

Dans la direction du Nord, apparaît une sorte de tache sombre, un refuge peut-être ? j’observe la carte, prend mes jumelles et établit un point de positionnement approximatif. En effet, une cabane est sur ma route, l'idée de stopper pour me ravitailler me soulage. Je sent déjà l’odeur d’un bon plat de pâtes Bolognaise, quand soudain je réalise que mon masque de protection visuelle accroché habituellement autour de ma tête a disparu. Bon sang ! je l’ai perdu… Que faire ? La fatigue me fait mentalement admettre l’idée que j’en trouverai un autre lors de mon prochain ravitaillement dans la vallée. Puis la voix de la raison raisonne, pointant son doigt sur les dernières 24h que je viens de vivre. Le Dragon rôde toujours, il est juste là, tapit derrière une congère, prêt à fondre pour m’avaler en un seul morceau. Et puis il y a une règle que j’ai eu l’occasion de comprendre maintes fois lors de mes précédentes aventures : « En expédition, ne soit jamais fainéant ! jamais, car là, plus qu’ailleurs la facture est élevée » . La tête vide, je décroche mon harnais et me libère de la pulka. J’irai plus vite sans son poids sur le dos. Je repart donc en sens inverse, suivant mes propres traces. Comptant machinalement toutes ces montées qui maintenant descendent mais qu’il faudra combattre de nouveau sur le retour, je vocifère… J’avance la rage au ventre en passant mon premier kilomètre sans trouver le masque. Toujours rien au passage du second kilomètre.. Je commence à trouver le temps long, tout en me remémorant à quelle vitesse, la tempête précédente c’est abattue sur moi, l’angoisse s’immisce tranquillement. Je ne veux pas trop m’éloigner de la pulka, qui est mon véritable cordon ombilical, ma seule chance de survie dans cet univers. J’approche maintenant de mon troisièmes kilomètre. C’est au moment où je décide de faire demi-tours que j’aperçois une tache orange fluo sur le blanc immaculé. Mon masque est légèrement abîmé, car le traîneau est passé dessus, néanmoins il reste en parfait état de fonctionnement. Je suis ravi, toutefois le temps se gâte, la neige se met à tomber. Des flocons gros comme des balles de ping- pong s’écrasent sur mes empruntes et les effaces à une vitesse vertigineuse ! Il n’y à plus une seconde à perdre. C’est au sprint que je m’enfonce dans l’épais manteau hivernal de cette Scandinavie décidée à m’en faire baver. Lorsque enfin se dessine les formes maintenant familières de mon traîneau, toutes traces de mon précédent passage ont disparues, lavées, comme si je n’existais pas, comme si cet étrange bagage bleu et blanc venait d’apparaître par magie au milieu de la scène. Je m’harnache immédiatement et me dirige vers le refuge. En associant le temps que je viens de perdre aux nouvelles conditions climatiques, je décide d’en rester là pour aujourd’hui. Le refuge se compose de plusieurs habitations, l’ensemble me fait penser à une base de ces missions d’études glaciaires. Je fais le tour du propriétaire, tout est verrouillé. Je me suis vraiment fait à l’idée de rester là, et repartir ne me tente pas. Finalement une porte que j’avais déjà tarabusté cède et m’offre l’accès a l’intérieur. Je crois être entré par effraction, mais je constate en fait, que ce n’était que le givre qui me bloquait le passage…

L’intérieur est simple, rustique cependant d’une propreté remarquable. D’épaisses couvertures en laine grise reposent sur les petits lits superposés. 40 cm de glace s’est formée en bordure des joints, dans les cadres intérieurs de fenêtres. Les vitres, étouffées par la neige à l’extérieur, filtrent une lugubre lumière bleuté. L’air en suspend s’est presque solidifié, tant le froid infiltre chaque atome présent de la pièce. J’ai la sensation de pénétrer dans une tombe engloutie depuis des siècles. J’entrevois malgré tout une excellente nouvelle, lorsque mon regard se pose sur du bois de chauffage coupé au cordeau. Les rondins s’alignent en ordre parfait, sous une antique cuisinière de fonte. La même bonne vieille cuisinière qu’utilisé ma grand-mère maternelle. Ma grand-mère était une des dernières bergères des Hautes-Pyrénées. Je me souviens lorsque j’étais gamin et qu’elle me gardait en compagnie de mon frère Claude. Nous passions fréquemment nos vacances en montagne, été comme hiver. Il faisait bon vivre chez mémé. Bien sûr, la saison chaude était plus facile, et permettait de mémorables escapades à travers monts et forêts, pourtant le froid a toujours eu beaucoup de charme à mes yeux. Quelques fois, pour sortir de la maison il fallait passer par le premier étage tant l’épaisseur de neige était important. Nous creusions à coups de pelle, d’énormes tunnels afin de dégager la porte d’entrée, ensevelie sous 2 mètres de poudre blanche. Je nous revois tous les trois, rentrer tard le soir, quittant nos godillots détrempés, les joues rouges, la goutte au nez, complètement frigorifiés. La grand-mère ouvrait la cuisinière et nous mettions avec le « frangin » nos pieds dans le four rougeoyant. Cela nous faisait tous bien rire, des pieds rôtis au four ! Les yeux pétillaient lorsque l’onglet passager nous traversait…Grand-mère était une sorte d’artiste de la vie simple, d’une lenteur incommensurable, championne du monde des retards en tous genres. Elle aimait les moutons, sa terre, ses petits enfants, qu’elle faisait rire jusqu’à mouiller nos pantalons, et les étoiles, en particulier celle du berger. Je pense souvent à elle en regardant le ciel briller dans la nuit."

Chris.

lundi 4 juin 2007

LE DRAGON DU NORD

Scandinavie : Le Dragon du Nord

Ce raid nommé « le long chemin » s’étend sur plus de 2000 Km, de Tanndalen au Sud de la Suède jusqu’en Norvège, au Cap Nord. Equipé d’un simple matériel de survie, sans assistance, Christophe Castillon s’est immergé durant 4 mois dans une nature figée par le froid et l’isolement des hautes montagnes Scandinaves. A la force de ses jambes, à ski, traînant une pulka, il nous emmène au coeur de l’un des plus redoutables hivers du cercle polaire et nous fait découvrir le Dragon qui veille sur le grand Nord.

http://www.wildtrekker.com/trace-de-route.html

Ce qui m’a réellement poussé à partir vers le Grand froid : sûrement l’influence de tous ces récits d’explorateurs qui ont bercé mon enfance et puis la Scandinavie est la seule contrée en Europe où vit encore le peuple des glaces. Cette partie du globe où la neige est encore éternelle, est probablement avec l'Islande et la Sibérie, l'une des plus emblématiques en raison de ses saisons blanches. Les conditions climatiques y sont souvent sévères et la prudence est de mise surtout lors de déplacements en solitaire. La Suède, la Norvège et la Finlande sont de ces pays où la nature tient lieu de monument à respecter. Chaque montagne, chaque forêt raconte une histoire. Le Grand Nord en hors tout est un rêve. Passer le mythique Cercle Polaire, entendre rôder les gloutons, être épié par les Trolls, découvrir ce que l'on ne connaît pas encore, résume l'ensemble des envies qui poussent à s'enneiger jusqu'au cou.

J. Malaurie : explorateur, spécialiste des pôles, disait: " Il est urgent de réveiller le nomade que chacun porte en soi. C'est le devoir de l'historien, de l'ethnologue, du philosophe, d'en finir avec le temps des colloques, de sortir de ses musées et de ses bibliothèques pour aider l'homme à se découvrir un autre lui-même dans ses vrais voyages que sous-tend son imaginaire. " Des paroles simples et honnêtes qui donnent envie d'allumer un feu dans la nature, pour chauffer sa soupe de nouilles...au milieu de nulle part, là où les coeurs battent et vivent au mieux leurs merveilleux destins d'hommes libres. Certaines idées sont comme ces pitons plantés dans une paroi, des possibilités d'attaches, une aide précieuse pour les grimpeurs.

Lorsque l'on s'engage à traverser la Scandinavie par ses hauteurs, en solitaire, durant l'hiver et au delà de la ligne Arctique, il est important d'être prêt sur tous les plans. Il est indispensable surtout d'avoir la foi, sous toutes ses formes.

Extrait du carnet de route : « Cela fait une semaine que je monte péniblement de sommet en sommet. La température varie entre –30 et –40°. En solitaire, dans ces conditions qui ne suggèrent aucune marge de manoeuvre, la moindre faute est sévèrement sanctionnée. La tension est maximale, j’évolue en veille constante mais aujourd’hui une peur incontrôlable c’est emparée de moi durant quelques heures. Alors que la tempête fait rage, je réalise à quel point l’homme est inadapté et vulnérable face à de telles conditions météo. Le vent souffle à plus de 100 Km /h soulevant par rafales une neige dure comme du béton, qui transperce les 3 couches de protection posées sur mon visage. Mes yeux brûlent de froid, ils gèlent dans leurs orbites. Deux ongles d’orteils ont éclatés sous les cloques provoquées par mes gelures. Je souffre le martyre… Des nuages de glace compacte enveloppe ma hutte qui tremble dangereusement sous ce monstrueux blizzard. Sans cet abris PROVIDENTIEL, dans lequel je viens de m’écrouler à moitié congelé et complètement épuisé, je n’ose pas formuler se qui me serait inévitablement arrivé… Par ces températures (que je ne peux plus mesurer), accompagnées d’un tel vent, il est impossible de survivre, un point c’est tout ! Regarder en face sa propre fin donne le vertige, une sensation de nausée et de panique. Mes pensées restent confuses, l’esprit encore agité par l’angoisse. Autours de moi le piége c’est refermé. Je suis sur les hauts sommets Scandinaves du cercle polaire, il n’y à rien n’y personne à la ronde sur des kilomètres de déserts glacés. Je n’ai aucun moyen de contacter qui que ce soit, et j’ai déjà atteint mon point de « non retour », revenir sur mes pas n’est plus envisageable. Mes rations alimentaires diminuent, ma force physique s’envole avec elles. Cela fait 12 jours que le Dragon du Nord hurle et détruit l’espace environnant, m’empêchant d’avancer. Je n’ai jamais rencontré une telle tempête ! Le combat est d’une violence extrême. Je suis tel un chevalier en guerre, mais mon bouclier vient de se perdre dans un fossé, ma culotte est tombée sur mes pieds et mon cheval s’est enfuit. Autant dire que la situation n’est pas au mieux…Pourtant, je dois me servir de ce moment pour aller de l’avant, vaincre ma peur afin d’apprendre ! (expression facile à utiliser mais plus complexe à mettre en place). Je veux vivre cela je le sais ! » Je serai informé plus tard que les championnats du monde de ski qui se déroulaient à Are en Suède furent annulés et reportés en raison des conditions météo. Je circulais alors sur les sommets de cette chaîne de montagnes.

Extrait du carnet de route : « La Scandinavie est une perle blanche qui repose sur l’écrin pur du monde des glaces. Terre lointaine, sauvage et inaccessible. Dernier sanctuaire du peuple Same ou chaque rencontre entres hommes est un feu qui réchauffe l’âme dans l’hiver Polaire. Je n’ai jamais connu de véritables humains avant eux. Les Sames, les Laplander’s sont des gens ordinaires au coeur extraordinaire. Ils m’ont accueilli chez eux, réchauffé, nourri, aimé pour ce que j’étais, une espèce de clochard venu à pied de nulle part au milieu d’un univers rude et dangereux. Un espace inhospitalier que ce peuple a su rendre chaleureux. Ils m’ont invité à les retrouver l’hiver prochain pour la fameuse transhumance des troupeaux de rennes. Un rendez-vous que je ne manquerais pas. (…) Mikka est un Same, un Laplander’s depuis toujours. Il a grandit sur les Hauts plateaux qui bordent le « grand lac bleu » le Stora Blasjon. Nous ne parlons pas beaucoup, mais j’aime sa compagnie, notre rapport est simple, basé sur la gentillesse et l’instant présent. Nous comptons l’un sur l’autre en cas de coup dur, la confiance entre nous est essentielle. Le paysage qui nous entoure force le respect, il se dégage une puissance fantastique de cette nature pétrifiée par ce froid absolu. Ici, la haute montagne commence à partir de 900 mètres, tant les conditions sont rudes ! Nous sommes à 1500 mètres… Mikka observe attentivement les deux lacs dans la vallée en contre bas, il se retourne vers moi et me dit dans son drôle d’Anglais : - c’est là que mon père est né. - Il n’y a rien d’autre que l’eau, le ciel, l’air et la glace. Je comprends alors cette tribu de Nomades, leur traditions, leur savoir ainsi que le courage d’une femme. C’est comme cela que la vie apparaît dans ces contrées. Mikka est fier d’appartenir à ce monde, dans son regard je peux voir combien ce lac est différent des autres. Pas de poésie, pas de philosophie, juste un éclat dans ses yeux et tout est dit »

Nous, écrivains - voyageurs, offrons tel des troubadours perdus dans le temps, des escales imaginaires à tous ceux qui ouvrent des livres sur le monde et son aventure. Ce sont les pages du temps que l’on tourne dans ces récits de vies. Nous sommes des passeurs de rêves, des explorateurs d’émotions avec un regard d’enfants.

« Il faut être investit d'une mission pour réaliser ses buts ultimes, et au delà pour se réaliser soi-même en tant qu’homme. »

« Lorsque nos valeurs se veulent nobles, elles nous portent et offrent une motivation supplémentaire, cette énergie du coeur pour survivre et se battre. »

A propos de Chris :

Voici maintenant plus de 10 ans qu'il traverse le Monde, la plupart du temps à pied. Ses pas le porte aux Amériques: États-unis, Canada, Mexique (5000km), Cuba. Il reste une année à la découverte des merveilleuses îles Caraïbes. En Europe, il traverse la Croatie, et navigue toutes les Kornaties, l'Espagne, les Baléares, l'Italie, la Grèce, la Turquie, la Sicile, la Corse, la Russie aussi... En 2003 il obtient son brevet professionnel de marin au Havre, puis s'arrête quelques mois au Portugal, dans l'Algarve pour construire un autre voilier. En 2004 c'est une nouvelle aventure humaine proche de la nature, avec 3000km sur le chemin de Compostelle via les Pyrénées, jusqu' à Santiago avec sa chienne Toupie. En 2005 il crée WildTrekker.com : terre de voyageurs alternatifs, espace de rencontre entre "Nomades des Temps Modernes", un "no mad land”. WildTrekker.com a pour objectif de présenter des reportages d'Aventuriers du Monde. À 37 ans, écrivain et sportif, Chris entame ses 40 000 km entre Terre et Mer. Il prépare actuellement le récit de son aventure en Scandinavie « Le Dragon du Nord »…

mercredi 30 mai 2007

Un article secret...

En allant fouiller sur le net Chris à découvert un nouvel article sur lui paru sur Bagnères de Bigorre..

En voici le lien :

http://www.tihb.a3w.fr/Main.aspx?numStructure=38976&numRubrique=46906

La structure qui l'a publié (TIHB) a repris la bio du site.

Wildtrekker se fait connaître !

mercredi 23 mai 2007

TRADUCTION ARTICLE...

Vous-souvenez vous de cet article paru en suède concernant l'aventure de Chris. Et bien, un gentil bloggeur sur EXPEMAG nous l'a traduit, voici ce que ça donne :

- en suédois :

http://www.utsidan.se/ndb/annat/notis/2714.htm

- en français :

"Un Français sur la neige !

Christophe Castillon est en route depuis Funäsdalen jusqu'au Cap Nord. Lorsque nous (Andreas Lundqvist et Markus Häggqvist) l'avons rencontré le 9 mars il se trouvait entre Tärnasjöstugan et Servestugan sur la Kungsleden (la Voie Royale). Cela faisait alors déjà deux mois qu'il était en route et il s'est trouvé enneigé à Helags ("Elags" comme il le prononce sans le H aspiré -NDT) pendant 12 jours dans la tempête de neige. Comme on peut le voir sur la photo, sa pulka (littéralement "luge" en suédois -NDT) est bien remplie. Il s'est montré très intéressé par ma vieille pulka Segebaden, car il n'avait jamais rien vu de semblable !

Il était très impressionné par la splendeur de la Suède et a confié qu'il préférait maintenant dormir sur des peaux de renne ! Vous trouverez plus d'informations sur sa page web, malheureusement entièrement en français..."

mercredi 9 mai 2007

THE END !!!!

Devinez ?? ça y est ... il vient d'arriver au bout de son LONG CHEMIN.

Chris est donc arrivé au CAP NORD le mercredi 9 mai sur le coup de 19h00...

Je l'ai eu rapidement au téléphone... on peut dire qu'il est heureux, ravi, émerveillé, et frigorifié aussi...

Et voilà où va dormir notre aventurier ce soir ... De quoi nous faire rêver !

Mais l'aventure continue ne vous en faites pas ... nous allons continuer à vous narrer certains moments de son périple et vous émerveiller de photos ...

Revenons sur son trajet..

Ici Chris et Ben font une pose repas histoire de reprendre des forces. Ils sont en Finlande...

Ski, raid nordique ou randonnée en haute montagne…Le plaisir et les bienfaits du sport en milieu froid sont largement conditionnés par une bonne préparation physique et matérielle. Pour cela, rien ne doit être laissé au hasard…et surtout pas l'alimentation !

Dans le cadre de l'expé, la ration alimentaire quotidienne doit être majorée par rapport aux apports habituels.

Il faut boire régulièrement, se réhydrater trés souvent.

A titre indicatif, sachez que la dépense énergétique est :

Ski de fond 1000 kcal / heure

Ski à une vitesse de 8 km/h 600 kcal / heure

mardi 8 mai 2007

Mais... où est Chris ???

Chris est aujourd'hui à Skipsfjordfjellet ( un peu plus haut que Honningsvag ) à tout juste une 20aine de Km du Cap Nord ....

Mahdi vient de rejoindre Chris il y a à peine une heure. Demain, ils prennent la route tous les 2 direction NORDKAPP.

J-1 avant l'arrivée !!! Youhou !

C'est en basket et pulka sur roulettes qu'arrivera Chris. Lors du départ de Ben il y a quelques jours, Chris a pensé préférable de rendre ses skis et de finir à pied. Les températures se radoucissent (entre -5° et 5° en général), la neige tombe parfois mais c'est la pluie qui a pris les devant.

Et puis autre chose à changé là haut en Norvège : le temps de luminosité. Chris a du mal à dormir du fait qu'en ce moment les journées soit longues.

Lever du soleil 01:34 Coucher du soleil 23:03

Sur cette photo il est 2H du matin

Difficile de croire que quand Chris a commencé son parcours en Janvier il pouvait trés peu marcher car la luminosité était presque nulle (3-4 heures) ; et qu'aujourd'hui il commence à marcher à 4h du matin pour finir en début de soirée.

De quoi savourer longuement le splendide horizon du Cap Nord.

vendredi 4 mai 2007

CAMP LAPON ...

Arrivé à Hurvejàvrrit (FINLANDE), passage sur un camp lapon où de la compagnie attendait Chris. Rencontre avec un homme hors du commun : un Lapon que l'on nomme aujourd'hui 'Saami' : seul peuple indigène d'Europe.

Les Saami vivent donc dans le nord de la Scandinavie. Leur territoire, le Sapmi, s'étend en grande partie dans la zone froide, au-delà du cercle polaire. Il y règne un climat très rigoureux, avec des vents violents et des températures qui vont de -50° l'hiver à +16° l'été.

Comme on peut le voir ils portent le costume traditionnel à base de feutre, de tricot de laine et de peau de renne.

Ces nomades suivent les migrations de leurs troupeaux de rennes du nord vers le sud en fin d'été et inversement en fin d'hiver. Aujourd'hui, avec les motoneiges, ils suivent les migrations plus facilement habitant des maisons de bois ou tipis d'où ils partent motorisés pour rassembler et diriger leurs troupeaux à travers la toundra.

Ils s'alimentent avec la viande de renne qui est découpée en lamelles et mise à sécher au soleil sur des barres en bois haut perchées. La graisse pour cuisiner est conservée dans les vessies de renne. Avec le lait, on fait des fromages. On cueille les baies de la toundra pour faire des confitures de lakka et de puolukka. L'hiver, dans le Grand Nord, ils pêchent par des trous taillés dans la couche de glace qui recouvre les lacs.

Même si leurs anciennes croyances ont disparu avec l'évangélisation forcée des Saami, ils ont gardés un grand respect pour les anciens sites religieux où leurs ancêtres faisaient des sacrifices d'animaux sur des autels en pierre. Ils continuent à croire aux Ulda, le peuple qui vit sous terre. Beaivi le soleil, Bieggolmmai le vent et Ruonanieida le printemps étaient leurs principales divinités. Le chamane entrait en transe au rythme du tambour magique pour communiquer avec le monde des esprits.

Mais attention !!! Le réchauffement climatique est lourd de conséquences pour les Saami. Par exemple, quand l'hiver est plus doux que la normale, la neige est plus abondante et une alternance de chutes de neige, de pluie, de redoux et de gel la transforme en couches de glace polies par le vent. Sur la plupart des pâturages, il y a trois ou quatre couches de glace qui se superposent. Avec en plus les quantités de neige qui sont tombées, il devient presque impossible pour les rennes de casser la glace pour accéder au lichen, leur seule nourriture en hiver.

mercredi 2 mai 2007

IL FAUT ENCORE VOTER !!!?!

Ce Blog est inscrit au concours Expédia.

Si ce blog vous plaît..(ou pas).. vous pouvez voter pour lui sur le lien qui suit.

En haut, il y a écrit " je vote pour ce blog " ... il suffit donc de cliquer dessus. On peut voter une fois par jour jusqu'au 15 mai ...

Voilà, ça c'est dit... merci!

http://wildtrekker.blogs-de-voyage.fr/

Et puis ...

... Chris trouve aussi ça :

Ce sont les traces de pas d'un GLOUTON.

C' est un mammifère omnivore, mais dans une plus grande mesure carnivore, de la famille des mustélidés. Il ressemble à un petit ours : 10 à 15 kg - mesure de 75 à 110 cm. Sa fourrure est dense et ne retient pas l'eau, ce qui lui permet de résister aux grands froids de son habitat.

Il a une tête ronde et large, de petit yeux et des oreilles courtes et arrondies. Ses pattes sont courtes et robustes et chaque pied compte cinq orteils. Ses longues griffes sont courbées et semi-rectractiles, il peut donc les rentrer partiellement. Elles servent à grimper et à creuser.

On reconnaît le Glouton grâce à son masque facial et sa queue touffue.

Attention : il est qualifié d'animal le plus féroce du Grand Nord.

A vous de trouver ..... !

Imaginez vous parti traverser la scandinavie à ski en plein hiver, en solitaire. Une de vos angoisses : croiser des loups, ours, gloutons .... Une des façons de repérer un animal, se sont ses traces de pas enfoncés dans la neige qu'il laisse derrière lui.

Et vous tomber sur ça !!!!

Bon comme tout le monde le sait, la suède n'est pas vraiment le pays du Kangourou... Donc si vous avez une idée sur la bête... faites le nous savoir !

lundi 30 avril 2007

HABITATS NOMADES

En plein parcours, découverte de TIPI utilisé par les Saami (Lapons).

Les Saami sont au nombre de 80 000 répartis entre Norvège, Suède, Finlande et Russie. Ils appartiennent à une culture de chasseurs et pêcheurs, anciens nomades du nord de l'Eurasie. Ce n'est qu'au Xème siècle qu'ils entreprirent l'élevage du renne. Seuls 13% d'entre eux vivent encore aujourd'hui de cette activité traditionnelle.

Leurs demeures font parties des constructions des plus ingénieuses.